En 1706 existait une école de filles, dirigée par Barbe Résal, qui disparut bientôt.  Ce n’est que bien plus tard qu’on trouve une école des filles à Foug. Imbus de ce préjugé qu’ « une femme en sait toujours assez pour aller au pied d’un cep »  les habitants s’opposèrent de toutes leurs forces à sa création.  Le 4 janvier 1734 le corps municipal délibère d’aller immédiatement à Lunéville présenter requête à S.A.R. Mme la Régente « afin d’empêcher l’établissement de l’école des filles qu’on prétend créer à Foug » et y délègue François Daouin.

  Malgré les efforts de ces gens ignorants, le 30 novembre 1739, le prévôt Poirot revient à la charge et fait assembler la municipalité « à l’effet de rechercher les moyens les moins onéreux pour assurer à une maîtresse d’école une somme de 100 livres de pension annuelle » . On propose de prélever 70 livres sur les revenus de la fabrique (Établissement qui gérait les biens de l’église de Foug), de retrancher 2 sols sur les 14 dus au maître d’école, par chacun des habitants et enfin de leur faire payer chacun 5 sols par année. Mais cette solution déclarée mauvaise, la décision fut ajournée. 

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Bâtiment avec une croix sur le toit,qui  deviendra en 1914 l’atelier de confection Seiligmann.

On s’entendit enfin sur les moyens à prendre ; le 23 mars 1740, le chancelier de  La  Galaizière  de  S.A.R.  ratifiant  la requête du prévôt et des échevins, constate qu’un seul maître ne peut suffire pour Foug ; qu’il est nécessaire de songer  à  l’instruction  des filles et ordonne l’établissement d’une maîtresse d’école  approuvée  de l’évêque  de  Toul. Il fixe son traitement à 100 livres dont  70 seront  prises  sur  les  revenus  de  la  fabrique  et 30 sur ceux de l’octroi.   La communauté pourvoira, en outre, à son logement. Munis de cette autorisation,  on  s’adresse  au  Supérieur Vatelot, chanoine de la cathédrale, supérieur des soeurs de la Doctrine chrétienne, qui fournit à la paroisse, le 7 juin  1740,  deux  soeurs maîtresses d’école au lieu d’une « à cause du grand nombre de filles, qu’il y a  à instruire et des pauvres dont il faut prendre soin » .

On connaît le nom de quelques unes de ces femmes : en 1747, soeur  Barbe Bary ; en 1769, sœurs Victoire Picquot et Catherine Thénot ;  en 1787, sœurs Marie Toussaint et Euphrasie Marchal ; en 1793, sœur Anne Marie Royer ; en 1797, sœur Anne Jaillon ; en 1806, sœur Marie Thérèse George.